Les médias de masse ou la voix de son maître…

Voici une cartographie des propriétaires des principaux médias Français ; ces médias qui font l’opinion quoi qu’on en dise… Sachant qu’aucun média ne permet de gagner de l’argent (ils sont quasiment tous déficitaires), on peut se poser la question : pourquoi les principales fortunes cherchent à posséder ces médias de masse ? Par simple philanthropie ? On a le droit d’en douter…

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Le triomphe de l’élection sur le tirage au sort ?

helenelandemoreHélène Landemore, est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Yale aux États-Unis.

Elle a donné une interview, parue dans le journal « l’humanité » du 06/01/2017, dans laquelle elle évoque les problèmes que posent les élections des représentants dans nos démocraties et démontre ce que pourrait apporter à la démocratie la désignation des représentants par tirage au sort. Elle préconise de reprendre le chemin qui n’a pas été emprunté au XVIIIe siècle, c’est-à-dire de revenir au tirage au sort.

C’est une analyse très intéressante et une philosophe politique à suivre (http://fr.helenelandemore.com)…

Si les intellectuels s’emparent enfin de ce sujet, il y a des raisons d’espérer que le sujet du tirage au sort apparaisse enfin dans nos débats politiques et qu’une réelle démocratie voit enfin le jour !

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Vous faites valoir, dans votre œuvre, l’idée d’intelligence collective articulée au concept de démocratie. En quoi cette idée est-elle novatrice ?

HELENE LANDEMORE. Je suis partie, effectivement, à un moment donné de mon travail universitaire, de la connexion de l’idée d’intelligence collective et de démocratie. Cette img1idée a donné lieu à la publication de mon premier livre en anglais en 2013 (1). L’idée que l’intelligence collective est une des raisons qui rendent la démocratie désirable n’est pas entièrement nouvelle. Il y avait, par exemple, le livre de James Surowiecki, publié sur le sujet en 2004 (2). On peut aussi remonter aux formulations d’Aristote sur les bénéfices politiques de « plusieurs têtes » et à tout un tas d’autres auteurs depuis. La nouveauté de mon argument, c’est de mettre l’accent sur la délibération inclusive, plutôt que la logique agrégative de la loi des grands nombres, et sur le lien entre inclusivité et diversité cognitive.[Sacré nouveauté !!!Je sais, elle commence fort mais ne vous découragez pas c’est nettement plus digeste par la suite…]. Je fais l’hypothèse que les assemblées délibératives démocratiques maximisent par défaut, parce qu’elles sont inclusives, la diversité des manières de réfléchir et d’aborder un problème, qui s’avère être un ingrédient essentiel de la capacité du groupe à résoudre des problèmes communs. Cet argument est nouveau parce que la plupart des gens pensent que pour avoir une assemblée intelligente, il faut surtout mettre des gens intelligents dedans, ce qui tend à favoriser les groupes d’experts ou de diplômés plutôt que les groupes de gens ordinaires, moins compétents individuellement mais plus divers collectivement. Une implication assez radicale de l’argument, c’est même en effet de préférer les groupes de citoyens tirés au sort aux assemblées élues. L’occasion d’approfondir ce thème sous un angle plus empirique m’a ensuite été donnée en Islande, en 2012, lors des événements qui ont suivi la crise financières de 2008 – 2009.

Quels sont les problèmes rencontrés par le paradigme de la démocratie représentative aujourd’hui ?

HELENE LANDEMORE. Traditionnellement, deux modèles de la démocratie dominent.img2 Il y a l’idée de la démocratie athénienne antique, considérée comme inapplicable avec les sociétés industrialisées et modernes, et celle de la démocratie représentative électorale, du gouvernement représentatif inventé au XVIIIe siècle et qui s’est imposé depuis. Aujourd’hui, il semble qu’on ait atteint les limites de ce deuxième modèle. D’abord, l’élection s’avère un mécanisme de transfert du consentement assez douteux. Et elle ne permet pas une représentation très satisfaisante. En réaction à ces faiblesses de l’élection, on observe aujourd’hui la tentation de court-circuiter le schéma classique de la représentation et de retourner aux théories et pratiques de la démocratie directe. Il me semble que nous en sommes venus au point où l’on a besoin d’un nouveau cadre conceptuel. Le mode du gouvernement représentatif est très élitiste en réalité. On peut le montrer en remontant à son fondement. C’est ce qu’a fait Bernard Manin dans ses Principes du gouvernement représentatif, un ouvrage essentiel à cet égard, publié en 1995 (3). Il montre que le XVIIIe siècle a été le triomphe de l’élection sur le principe de la sélection au hasard par tirage au sort parce que, finalement, cela permettait de maintenir l’aristocratie au pouvoir. Il montre aussi que l’élection est à double face, comme le dieu romain Janus. Elle à une face démocratique d’une part (parce qu’elle demande le consentement des gens) et un visage oligarchique de l’autre (parce qu’elle crée une élite). Ce que l’on ressent actuellement, c’est sa dimension oligarchique. L’idée, c’est de reprendre le chemin qui n’a pas été emprunté au XVIIIe siècle, c’est-à-dire de revenir au tirage au sort par exemple. C’est une sorte de pensée contre factuelle que j’essaie de développer. Certes je ne pense pas qu’on puisse abolir les systèmes existants et les remplacer par des systèmes complètement nouveaux qui seraient basés sur le tirage au sort. Mais il s’agit de s’inspirer de cette alternative imaginée pour modifier le système actuel et le réinventer. L’autre question, c’est qu’on a tendance à penser la démocratie sur le paradigme de l’état-nation alors qu’aujourd’hui il faut penser au-delà, au niveau des groupes d’états, des zones géographiques, et à l’échelle des organisations internationales. Au niveau européen, c’était un peu l’espoir. [ne soyons pas trop naïfs tout de même l’objectif de ceux qui ont imaginé l’Europe et participé à sa création, tout comme ceux qui ont inventé la démocratie représentative au XVIIIe siècle, était surtout de répondre aux injonctions du marché. La carotte démocratique n’étant qu’un moyen d’obtenir l’adhésion des peuples]. Sauf qu’on a fait de la construction économique sans vraie construction politique, qui aurait encadré le processus. Une construction européenne proprement politique, c’est ce que proposent aujourd’hui des gens comme Thomas Piketty ou Yanis Varoufakis. Thomas Piketty en reste cependant à une réponse technocratique. Il propose qu’on prenne un groupe de pays suffisamment similaires, comme la France et l’Allemagne, et que ces pays mettent en commun leurs dettes et développent une politique fiscale commune. Yanis Varoufakis a une approche plus processuelle. Il propose de redonner le pouvoir aux peuples européens et de les impliquer plus directement dans le processus de construction de l’UE. Il faut probablement combiner les deux approches, mais la priorité me paraît être le processuelle : trouver le moyen de donner une vraie voix aux citoyens européens sur la nature de l’Europe politique à construire. [Si tant est qu’il soit obligatoire de créer une UE ? Pourquoi faire ? Est-ce une nécessité ? Qu’est-ce que la France et les citoyens français ont à y gagner ?…]. Les référendums en fin de parcours, c’est un peu trop tard.

En quoi l’expérience islandaise témoigne de ce renouvellement ?

HELENE LANDEMORE. L’expérience islandaise, dans le mesure où elle a essayé d’inclure le plus de personnes img3possibles dans le processus qui a abouti à la proposition de nouvelle Constitution, participe de cet effort pour repenser la démocratie. Par exemple, le forum national, en amont du processus, a rassemblé 950 personnes tirées au sort, pour parler des valeurs de des principes à mettre au cœur de la proposition de Constitution. Il y a eu aussi, pendant le travail des constituants, le recours fait aux propositions publiques via internet, la phase de « crowdsourcing » proprement dite, qui a fait la célébrité du processus. C’est d’elle que sont venues certaines propositions comme l’article sur le droit des enfants ou le droit à Internet qu’on retrouve dans le texte final. Ces choix de « design » institutionnel sont des applications inspirées de la théorie de la « sagesse des foules ». Ils reflètent aussi un effort pour donner voix aux citoyens en amont et tout au long du processus, pas juste à la fin.

Est-ce que la crise politique actuelle ne réactualise pas également la problématique de la lute des classes ?

HELENE LANDEMORE. La question des classes n’a jamais vraiment disparu. Aujourd’hui, ce qui estimg4 intéressant, c’est que l’opposition entre le l % et les 99% domine les débats depuis le mouvement Occupy Wall Street. Mais c’est plus compliqué que cela parce que, quand on parle des 99%, on parle surtout de la classe moyenne occidentale. Or il n’y a pas que les questions de classe interne à l’Occident, il y a aussi les questions du clivage entre le monde occidental et le reste du monde. La classe moyenne occidentale, c’est le 1 % pour le reste du monde… Par ailleurs en Occident, les classes populaires sont exclues du débat, et même, de fait, des mobilisations (il n’y avait pas beaucoup de vrais pauvres dans les rassemblements Occupy). Clinton et Trump, au cours de la campagne électorale, n’ont jamais parlé des pauvres. Il n’y a personne qui parle des pauvres aux États—Unis. C’est une réalité tragique mais, comme ils ne votent pas, cela n’intéresse personne. Il y a encore le problème de l’argent en politique. C’est sans doute plus vrai aux États-Unis. Pour pouvoir accéder au pouvoir aux États-Unis, dans la plupart des cas, il faut avoir beaucoup d’argent. C’est un système qui invite la corruption. Ajoutez a ça la manière partisane dont les circonscriptions électorales sont dessinées et vous avez tous les ingrédients d’un système qui ne répond plus effectivement qu’aux 10 % les plus riches de la population. Cela dit, il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience de ces problèmes. La question des inégalités économiques est redevenue centrale en Occident. La crise de 2008 est passée par là. On peut aussi créditer le livre de Thomas Piketty, le Capital au XXIE siècle, qui a été un pavé dans la mare quand il est sorti aux États Unis en 2013. Même l’idéologie longtemps dominante du libre-échange comme seul salut est remise en cause. On prend enfin au sérieux les questions de distribution des gains du libre-échange. La distribution actuelle est-elle juste ? Surtout, même si le libre-échange est globalement un jeu à somme positive, il y a de vrais grands perdants au niveau individuel, et on ne s’est pas beaucoup occupé d’eux. Cela, de plus en plus de gens admettent que ce n’est pas acceptable. On a les bons diagnostics, je pense, maintenant il faut des solutions. [Certes ! Commençons à nous pencher sur les prochaines élection présidentielles qui donneront certainement des résultats surprenants. Si nous voulons réellement changer, il faut commencer par ré-écrire les règles du jeux : la Constitution. Un candidat propose de réécrire la constitution … en introduisant le tirage au sort – dommage qu’on ne sache pas dans quelles proportions ! ]. Mais il y a aussi l’impact de l’idéologie du libre-échange qui a été dominante, même à gauche, et qui est remis en cause depuis 2008 notamment. L’année 2008 a été le moment où même les libertariens ont été obligés d’admettre que le libre-échange n’était pas tout bénéfice. C’était quelque chose que des gens disaient depuis des décennies. Le libre-échange a montré qu’il y avait des perdants et que ce sont ces perdants qui sont sacrifiés à l’ensemble.

Vous avez avancé l’idée qu’une transformation du modèle de la démocratie passait par une redéfinition de I’ « agenda setting ». Pouvez-vous préciser ce concept?

HÉLÈNE LANDEMORE. C’est une idée centrale. Être capable de définir les termes d’un débat, img5c’est la moitié du pouvoir. Or, nos démocraties sont fondées sur l’illusion que le pouvoir démocratique, c’est juste la décision finale. Mais cela, ce n’est que l’autre moitié du pouvoir. Définir les termes de la décision, de quoi l’on va parler et dans quelles conditions, c’est cela définir l’ « agenda setting ». Dans la démocratie des Grecs de l’Antiquité classique, il y avait une définition des termes de ce qui allait être délibéré et voté à l’assemblée populaire par un groupe de 500 citoyens tirés au sort, citoyens relativement ordinaires, qui était les décideurs de cet agenda. Et par ailleurs, il y avait des formes d’initiative populaire qui permettaient à tout citoyen de mettre une question à l’agenda de l’assemblée populaire. Ce qui se passe au XVIIIe siècle, c’est qu’on passe d’une conception de la démocratie comme exercice du pouvoir pas le citoyen ordinaire à une conception de la démocratie comme consentement au pouvoir des élites. On abandonne l’exercice de l’essentiel du pouvoir à des élites et on ne garde que la possibilité de changer d’élites de temps à autre ou de dire non à une question posée dans le référendum occasionnel. Cela a été une erreur historique. La délibération et la définition des options, en amont des élections ou des référendums, est essentielle. Bien sur, dans la théorie habermasienne par exemple, l’opinion publique informelle est censée avoir cette fonction d’ « agenda setter » pour le système politique formel. Mais aujourd’hui est-ce une lecture réaliste de ce qui se passe ? Selon moi, il est temps de passer à un autre modèle de démocratie, non plus représentative, mais post-représentative ou « ouverte ». Il s’agit d’imaginer de nouvelles avenues pour la participation des citoyens de façon à leur donner une influence réelle et parfois directe sur le contenu du débat. Cette idée de démocratie ouverte, c’est casser ce cycle où le peuple n’a son mot à dire que tous les quatre ou cinq ans au moment des élections ; en fait, là encore l’exemple islandais le montre de manière patente, les gens ont plein d’idées. On le voit aussi dans la créativité de choses comme Wikipédia par exemple aujourd’hui, qui était impensable il y a dix ans. C’est une des réussites de l’intelligence collective la plus spectaculaire. Mais il existe ou peut exister une foule de moyens et d’instruments susceptibles de capter l’intelligence collective. La démocratie devrait être un de ces instruments.

ENTRETIEN RÈALISÊ PAR JÊRÔME SKALSKI

(l) Democraric Reason: Politics, Collective intelligence, and the Rule of the Many, Princeton University Press, 2013.

(2) La Sagesse des foules, de Jomes Surowiecki. Éditions Jean—Claude Lattès, 2008.

(3) Principes du gouvernement représentatif, de Bernard Manin. 1995, rééd. Flammarion, coll. « Champs » , 1996.. Éditions Jean—Claude Lattès, 2008.

Appel à la grève civique !

Les politiciens

Fachos, Capitalos, Rigolos, Ecolos, Socialos, Cocos, …

on – n’enveut plus !

LES HOMMES POLITIQUES VEULENT NOUS FAIRE PEUR.

Les puissances qui dirigent le monde et la France en particulier ne souhaitent pas que le système qu’ils ont patiemment construit leur échappe et les hommes politiques des partis dominants de droite comme de gauche qui leurs sont dévoués font et feront tout pour que rien ne change. Il suffit de voir ce qui se passe avec la Grèce pour s’en convaincre.

Les hommes politiques, effrayés par l’idée de perdre le pouvoir, utilisent la peur comme outil de propagande et de manipulation pour s’assurer que les moutons que nous sommes resteront bien regroupés dans le troupeau et n’iront pas chercher des solutions alternatives. Le TINA (there is no alternative) cher à Miss Tatcher et Mr Regan fonctionne en boucle dans les médias.

Pour cela, les hommes politiques relayés par les médias complaisants utilisent le FN et les extrêmes comme repoussoir en les diabolisant. Ils veulent nous culpabiliser pour nous obliger à « voter utile » pour « faire barrage » au FN ou à l’autre gauche, forcément irresponsables puisque pas dans la ligne du gouvernement. Et si l’idée nous venait d’être tentés par l’abstention, c’est toujours le même argument qui ressort : « L’abstention favorise le FN ! ». La peur , toujours la peur pour ne surtout rien changer !

Alors, comment se faire entendre, nous citoyens, dans ces conditions ?

FAISONS PEUR AUX HOMMES POLITIQUE !

Si nous en avons marre des hommes politiques y compris ceux du FN alors n’allons plus voter, faisons la grève civique. C’est le seul moyen pacifique de réellement dire non à ce système qui ne génère que mensonges, corruption, clientélisme, et qui ne sert qu’à flatter l’ego déjà très boursouflé de ceux qui prétendent nous représenter.

En contrepartie exigeons de remettre à plat le système de désignation de nos représentants sans considération idéologique en permettant l’accès et l’implication de tous les citoyens à la gouvernance de notre pays.

Les décisions politiques doivent être prises par les citoyens eux mêmes, pas par des professionnels de la politique ! Nous n’avons pas besoin d’un chef omnipotent, omniscient pour parler en notre nom.

Un des moyens les plus radicaux pour éviter toutes ces dérives et nous permettre d’être pleinement acteur et maîtres de notre destin est de désigner nos représentants par tirage au sort(TAS). Ce système est utilisé avec succès dans beaucoup de pays sous différentes formes. En France il est utilisé par exemple pour désigner les jurés d’assise. Demandons que le tirage au sort soit utilisé à tous les niveaux, communal, régional, national pour désigner nos représentants. Pour cela, nous devons exiger qu’un groupe de travail se mette en place pour proposer différentes solutions. Le choix de la solution sera soumis aux citoyens par voie de référendum.

Le mouvement M6R (www.m6r.com) est un bon début puisqu’il introduit la notion de TAS, mais il est loin d’être satisfaisant vu qu’il réserve la part la plus importante aux représentants élus.

Comment agir concrètement ? Tout d’abord , comme il a été dit plus haut, en n’allant plus voter afin d’éviter de cautionner ce système anti-démocratique et démobilisant. Ensuite, chacun de nous peut être acteur de son destin, soit en participant activement au mouvement m6r et en agissant pour que le tirage au sort soit plus au centre des débats, mais aussi en signant une pétition (en cours de création…)pour un vrai changement de gouvernance.

Ces propositions ne sont que quelques exemples il ne tient qu’à chacun d’entre nous d’inventer ou de participer à d’autres moyens d’action.

L’avenir de notre démocratie est entre nos mains pas dans celles des politiciens professionnels !

Le tirage au sort: un remède pour les démocraties ?

tirage_au_sortDans nos société « avancées », les élections et la démocratie sont considérées comme inséparables et d’ailleurs cette association fait partie intégrante de la déclaration des droits de l’homme(la bible donnée à tout pays en voie de démocratisation). En fait, cette liaison est loin d’être évidente. Les Grecs de l’Antiquité, par exemple, pensaient que les élections faisaient partie intégrante d’un système oligarchique. Ce sont pourtant eux qui ont fondé la première vrai démocratie. Les représentants étaient tirés au sort et ce principe de désignation a duré 200 ans ce qui correspond, à peu de choses près, à la durée de l’expérience élective dans nos démocraties « modernes » !

Avant les expériences récentes de démocraties(c’est à dire avant la révolution française), de nombreuse figures historiques affirmaient pourtant que les démocraties ne pouvaient réellement exister sans le recours au tirage au sort.
Par exemple, selon ARISTOTE : « Je cite comme exemple les magistratures : le tirage au sort est considéré comme démocratique, l’élection comme oligarchique…. ». «Le principe fondamental du régime démocratique, c’est la liberté […] Une des marques de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant.».
Pour MONTESQUIEU – De l’esprit des lois – 1748 « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie; le suffrage par le choix est celle de l’aristocratie ». « Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie ».
Il en est de même pour Jean-Jacques ROUSSEAU qui indique dans « Du contrat social » – 1762 « Quand le choix et le sort se trouvent mêlés, le premier doit remplir les places qui demandent des talents propres, telles que les emplois militaires: l’autre convient à celles où suffisent, le bon sens, la justice, l’intégrité, telles que les charges de judicature, parce que, dans un état bien constitué, ces qualités sont communes à tous les citoyens. ». « La voie du sort est plus dans la nature de la démocratie. Dans toute véritable démocratie, la magistrature n’est pas un avantage, mais une charge onéreuse qu’on ne peut justement imposer à un particulier plutôt qu’à un autre. La loi seule peut imposer cette charge à celui sur qui le sort tombera »

Alors, pourquoi l’élection est si évidente aujourd’hui et le tirage au sort toujours considéré comme farfelu par beaucoup pour désigner les représentant du peuple dans une démocratie ? Comment est-on passé d’une évidence à l’autre et pourquoi n’y a t-il plus d’alternative. On nous aurait fait le coup du « TINA » à l’insu-de-notre-plein-gré, encore une fois ?

Les avantages et inconvénients des 2 possibilités ont été détaillé dans de nombreuses littératures (la récente étude « CONTRE LES ÉLECTIONS » de David Van Reybrouck parue aux éditions Babel, constitue une référence).
Imaginons que le tirage au sort des représentants ait été proposé à la suite de la révolution française, il est fort probable que les « meneurs » n’auraient pas été désignés. Auraient-ils accepté d’être mis à l’écart de la révolution qu’ils ont piloté ? Sûrement, non ! En revanche en proposant leur nom au « bon peuple », ils étaient quasiment certains de se retrouver aux commandes du pays. Il en est de même pour toutes les autres révolutions qui ont suivi et qui continuent. Les « meneurs » souhaitent faire partie du gouvernement. C’est ce qui explique que les élections sont si prisées par les démocraties. Elles sont tout simplement instaurées pour réserver le pouvoir à une élite, une aristocratie, le peuple en est systématiquement écarté. Une fois élue, cette élite s’empresse de rédiger les texte officialisant le fait que seules les élections devront désigner les représentants à partir de candidats sélectionnés et proposés par ceux là même qui détiennent le pouvoir (les riches, les responsables des partis et les médias).

medias Comment expliquer que les médias soient si frileux pour aborder ce sujet ? Une des raisons pourrait être que, en dehors du fait que leur propriétaire soient partie prenante dans l’exercice du pouvoir et n’ont donc aucune raison de savonner la planche des élus-amis, la recherche du sensationnel autour d’une poignée de personnes soit plus attrayante et payante que le suivi d’illustres inconnus qui de plus n’exerceront le pouvoir que très brièvement. La boucle est bouclée ! Pour ceux qui auraient un doute on trouvera bien de quoi ridiculiser l’idée du tirage au sort…

La suisseSi les représentants(les députés) de l’assemblée nationale étaient tirés au sort parmi l’ensemble des citoyens de France, l’assemblée nationale ne serait pas un corps d’élite à prédominance de riches, mâles, blancs, seniors. Au contraire, il ressemblerait à un échantillon statistique de la population française : de femmes, d’employés, de cadres, de chef d’entreprise, de riches, de pauvres, de vieux, de jeunes, d’hétérosexuels, d’homosexuels, … etc, etc.

Democracynotfound Selon David Van Reybrouck, l’auteur du livre cité plus haut, il estime que « nous sommes en train de détruire notre démocratie en la limitant aux élections(Cf. déclaration des droits de l’homme), et ce alors même que ces élections n’ont jamais été conçues comme un instrument démocratique.

Alors que faire pour sortir de ce système qui tient les citoyens à l’écart des affaires de l’état ?

Une stratégie pourrait consister à tout d’abord et comme toujours, bien se renseigner sur ce sujet, ensuite si on est soi même convaincu, convaincre autour de soi… Puis, sachant qu’il sera obligatoire de passer par la refonte des textes fondateurs : constitution, déclaration des droits de l’homme, … il faut mettre en place une organisation capable de porter cette « nouvelle » idée et d’occuper l’espace public. Dans le cadre actuel, cette organisation peut s’apparenter à un parti politique d’un nouveau type puisque il devra réunir les bonnes volontés(de bons communicants) qui, contrairement aux autres partis, ne pourront prétendre à un quelconque pouvoir. En soit, c’est une grande nouveauté !
La principale mission de ce parti sera d’exiger un référendum sur le choix du mode de désignation des représentants : Tirage au sort ou Élections. Si le tirage au sort l’emporte, une assemblée constituante dont les membres seront tirés au sort devra se mettre en place pour enclencher progressivement la réforme du système.

Selon Etienne Chouard, très actif sur ce sujet, il faut dès à présent commencer par s’entraîner à la rédaction d’une constituante en mettant en place des ateliers au niveau des régions, des villes, des villages, …. De cette manière, les citoyens se rendront compte qu’ils sont tout à fait capable de gérer eux mêmes leur destinée et qu’il n’est pas nécessaire ni souhaitable de déléguer cette responsabilité à des « experts » autoproclamés.

N’oublions pas que le citoyen n’est ni un enfant ni un client et que selon un proverbe d’Afrique centrale(également attribué à Gandhi) « Tout ce que tu fais pour moi sans moi, tu le fais contre moi » !

Alors, qui commence ?

MP

Quelques liens sur ce sujet pour nourrir votre réflexion :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ propose d’agir en participant à la rédaction d’une nouvelle constitution pour la France en intégrant le tirage au sort.
http://www.newdemocracy.com.au/ Tout sur le tirage au sort…
http://equalitybylot.wordpress.com/ blog très étoffé sur le tirage au sort
http://www.pour-une-democratie-directe.fr ne traite pas du tirage au sort mais milite pour une implication directe du citoyen dans la vie politique.
http://www.democraciarealya.es/ ne traite pas du tirage au sort mais milite pour une implication directe du citoyen dans la vie politique.

La manipulation par la peur : Le système pousse chacun de nous à avoir peur de nos semblables pour mieux nous laisser croire que lui seul peut nous protéger…