La paix au Venezuela.

Des intellectuels d’Amérique latine et de différentes orientations politiques publient un manifeste pour alerter l’opinion mondiale sur les violences qui ne font que progresser au Venezuela. Leur déclaration décrit bien le contexte dans lequel se déroulent ces violences et qui sont très peu explicitées dans les médias.

En effet, le Venezuela est l’objet de convoitises terribles par les grosses sociétés pétrolières et ces violences ne visent qu’un but récupérer le bénéfice de la rente pétrolière que représentent les réserves colossales de pétrole du pays (la plus grande réserve mondiale avec l’Arabie-Saoudite !). Pour l’occasion je republie, ci-dessous, le croquis que j’avais utilisé dans un autre article et qui est très éclairant pour comprendre également la raison des différentes tensions politiques dans le globe.

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Pour la création d’un Comité international pour la paix au Venezuela

A l’initiative d’intellectuels et activistes sud-américains comme Maristella Svampa ou Alberto Acosta, des militants de la société civile, universitaires et intellectuels latino-américains et européens appellent à «la formation urgente d’un Comité international pour stopper la montée de la violence au Venezuela et mettre fin à la montée de la violence institutionnelle et de la violence de rues».

En tant qu’universitaires, intellectuels ou militants de la société civile, nous souhaitons exprimer notre profonde préoccupation face à la situation incontrôlée de violence politique et sociale au Venezuela qui a déjà entraîné plus de cinquante morts, des centaines de blessés et de détenus renvoyés devant des tribunaux militaires.

Nous sommes conscients que la situation de violence dans laquelle le Venezuela est plongé aujourd’hui a des origines nombreuses et complexes, dans un contexte de polarisation politique de plus en plus virulente et de désintégration du tissu social. Le conflit vénézuélien a ainsi différences faces.

D’un côté, il y a un gouvernement de plus en plus délégitimé, prenant un fort caractère autoritaire. Cette dynamique puise sa source dans le refus de l’exécutif de reconnaître les autres branches du pouvoir d’Etat, comme l’assemblée législative où l’opposition dispose aujourd’hui de la majorité après son triomphe lors des élections de décembre 2015. Cette tendance a été puissamment renforcée par le blocage puis le report du référendum révocatoire – un outil de démocratisation introduit par la Constitution approuvée sous Hugo Chávez – puis avec le report des élections régionales l’année dernière, jusqu’à l’échec de l’auto-coup d’Etat tenté par l’exécutif en avril. Plus récemment s’est ajouté l’appel à une Assemblée constituante, prononcé de manière clairement anticonstitutionnelle, qui, loin de résoudre la crise, l’alimente et l’intensifie. Cette initiative peut être perçue comme une tentative de consolidation d’un régime totalitaire dans le contexte d’une énorme crise sociale et économique (manque de nourriture et de médicaments, entre autres).

Cela étant dit, nous ne croyons pas, comme l’affirment certains secteurs de la gauche latino-américaine, qu’il s’agit aujourd’hui de défendre un « gouvernement anti-impérialiste et populaire ». Ce soutien inconditionnel provenant de certains activistes et intellectuels relève non seulement d’un aveuglement idéologique néfaste, mais il contribue malheureusement à la consolidation d’un régime autoritaire. Notre soutien au changement social et politique, y compris à la critique du capitalisme, ne peut pas être étendu à des projets antidémocratiques qui peuvent finir par justifier une intervention externe « au nom de la démocratie ». De notre point de vue, le refus de toute ingérence étrangère doit se fonder sur plus de démocratie, pas plus d’autoritarisme.

D’un autre côté, en tant qu’intellectuels de gauche, nous sommes également conscients de la géopolitique régionale et mondiale. Il est clair qu’il existe des secteurs extrémistes dans l’opposition (qui est très large et hétérogène) qui recherchent également une issue violente. Pour eux, il s’agit d’exterminer, une fois pour toutes, l’imaginaire populaire associé à des idées si « dangereuses » telles que l’organisation populaire, la démocratie participative et la transformation profonde de la société en faveur des secteurs sociaux subalternes. Ces groupes d’extrême-droite ont pu compter, au moins depuis le coup d’état de 2002, sur le soutien politique et financier du département d’Etat américain.

En tant que citoyens d’Amérique latine et d’autres régions du monde, nous exprimons un double engagement. D’une part, un engagement envers la démocratie, c’est-à-dire une démocratie participative, qui implique des élections périodiques, des citoyens mobilisés dans les rues et l’élargissement des arènes publiques permettant des prises de décision collective et communautaire. Cela signifie aussi une démocratie égalitaire, qui implique l’extension des droits pour conduire à une société plus juste. D’autre part, nous exprimons notre engagement envers les droits de l’homme, ce qui signifie des normes minimales fondamentales et non négociables de respect mutuel, qui excluent l’utilisation de la torture, le meurtre d’opposants et la résolution des conflits par la violence.

En ce sens, nous pensons que le principal responsable de la situation au Venezuela – en tant que garant des droits fondamentaux – est l’Etat qui se trouve entre les mains des autorités gouvernementales actuelles. Mais, comme nous l’avons déjà dit, nous croyons qu’il est fondamental de se placer au-dessus de cette polarisation et qu’il faut chercher de nouvelles voies pour le dialogue politique et social afin d’ouvrir un espace aux secteurs qui aujourd’hui souhaitent sortir du statu quocatastrophique et qui se situent au-dessus de toute option violente.

Nous réaffirmons notre solidarité avec le récent appel à un dialogue démocratique et pluriel – qui doit inclure des voix diverses et non pas seulement celles des secteurs polarisés du gouvernement et de l’opposition – qui a été lancé par différents secteurs de la société vénézuélienne, parmi lesquels des dirigeants politiques, des universitaires, des militants de la société civile, des organisations sociales et politiques de portée nationale, d’anciens ministres sous Hugo Chavez, d’anciens dirigeants de l’opposition, des défenseurs des droits de l’homme et des militants politiques, syndicaux et communautaires (voir https://www.aporrea.org/actualidad/n308976.html).

Nous appelons à la formation urgente d’un Comité international pour la paix au Venezuela afin de mettre fin à la montée de la violence institutionnelle et de la violence de rue. Nous sommes persuadés qu’un autre dialogue est possible au Venezuela au-delà de la polarisation et de la violence.

La résolution d’une crise politique est toujours longue et complexe, mais elle exige toujours plus de démocratie, jamais moins. Et ce résultat ne pourra être atteint que par le respect des droits humains et l’autodétermination du peuple vénézuélien.

Envoyer vos signatures à : comiteporlapazenvenezuela@gmail.com

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Lien pour accéder à l’article original : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/310517/pour-la-creation-dun-comite-international-pour-la-paix-au-venezuela

 

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3 commentaires sur “La paix au Venezuela.

  1. Convoitise ou pas convoitise, les gens crèvent la faim. Le pays quasiment le plus riche du monde en ressource naturelle est, paradoxalement, une de plus pauvre. Ce n’est pas les convoitises qui l’a appauvri. C’est la régime socialo communiste corrompu.
    Mais la mémoire de certains est très courtes. L’histoire du 20em siècle a montrée clairement que le communisme d’état NE MARCHE PAS et qu’il engendre de la pauvreté et paradoxalement des écarts de niveau de vie.
    Le prétexte de la convoitise c’est du pipeau !
    Evidement que la convoitise existe, mais ce n’est pas elle qui a invente Châvez et Maduro.
    Andrei ABULIUS (ancien salarié GEFCO)

  2. En effet c’est ce que clament la droite et l’extrême droite. Le Capitalisme qui est l’équivalent-privé du communisme ne peut plus cacher que son action génère de la pauvreté à l’échelle mondiale et enrichit une infime minorité dont nous faisons partie. N’oublions jamais que dans ce système, nous devons notre confort à leur pauvreté.

  3. Je crois de plus en plus que l’orientation politique est inscrite en dure dans les gènes des individus. Les mutations sont quasiment inexistantes. On connait quand-même de très rares exceptions. Par exemple : Yves Montand ou Renault. Mais c’était des mutations toujours dans un seul sens.

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