Europe: dictature ou démocratie

Enfin un dirigeant Européen honnête !

Alexis TSIPRAS a en effet  demandé au peuple grec de décider s’il souhaitait (ou non) se conformer aux règles imposées par la troïka. C’est une sage décision qui honore ce responsable politique et peut être même pourra nous amener à reconsidérer l’image que l’on se fait des hommes politiques (tous ne sont pas à jeter…). Faire appel au peuple par via de référendum chaque fois qu’une décision majeure doit être prise devrait être un des piliers de nos démocraties et ce réflexe devrait être appliqué quel que soit le niveau de gouvernance (International, national, régional communal, …). De la même manière on pourrait imaginer que le maire demande l’aval des citoyens de la commune avant d’engager des dépenses. Si une telle pratique se généralisait, il y a fort à parier que le peuple aurait moins de ressenti négatif vis à vis des élus.

Et puisque les médias(mis à part l’humanité…) se contentent de commenter souvent à charge le comportement du chef du gouvernement Grec sans vraiment s’intéresser à ce qu’il a dit. Voici le contenu du discours d’Alexis TSIPRAS au peuple Grec publié par l’humanité ce dimanche 28 juin 2015…

A vous de juger !

Tsipras, un discours historique « pour la souveraineté du peuple grec »

 

Photo : Menelaos Myrillas / AFP
Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé, dans une adresse au peuple retransmise par la chaîne de télévision publique (ERT), la tenue d’un référendum sur les propositions faites à la Grèce par les « Institutions » (FMI, BCE, Commission européenne) dans le cadre des négociations sur la dette. Traduit du grec par Dimitris Alexakis.

« Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour mettre en œuvre le mandat que vous lui avez confié à l’issue des élections du 25 janvier.

Un mandat qui nous enjoint de négocier avec nos partenaires pour mettre fin à l’austérité et faire en sorte que notre pays renoue avec la prospérité et la justice sociale.

Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de l’Union, et qui permettra à la Grèce de sortir définitivement de la crise.

Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d’appliquer les mémorandums qu’avaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections.

Mais nous n’avons pas un seul instant envisagé de céder.

De trahir ― autrement dit ― votre confiance.

Après cinq mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de l’Eurogroupe d’avant-hier, à une proposition en forme d’ultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique.

Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs fondamentales de l’Europe, de la construction européenne.

La proposition faite au gouvernement fait peser sur le peuple grec de nouvelles charges, intolérables, mine la société, sape tout espoir de reprise économique en perpétuant l’incertitude et en aggravant encore les inégalités.

La proposition des Institutions comprend des mesures entraînant une dérégulation accrue du marché du travail ; des coupes dans les pensions de retraite ;  de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public, ainsi qu’une augmentation de la TVA sur les aliments, l’hôtellerie et le tourisme ; les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour la Grèce insulaire.

Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux ― droit au travail, à l’égalité et à la dignité ―, prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif d’humilier tout un peuple.

Ces propositions démontrent l’entêtement mis ― en particulier par le Fonds Monétaire International ― à défendre à tous prix une politique d’austérité extrême et punitive.

Les puissances aujourd’hui à la tête de l’Europe doivent dès lors, et plus que jamais, se hisser à la hauteur des circonstances et prendre des initiatives qui mettront fin à la crise de la dette publique grecque, une crise qui affecte d’autres pays européens et menace le futur même de l’intégration européenne.

Grecques et Grecs,

Nous sommes aujourd’hui porteurs d’une responsabilité historique à l’égard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; c’est notre responsabilité envers l’avenir de notre pays.

Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec.

Au Conseil des Ministres qui vient de se tenir, j’ai solennellement proposé l’organisation d’un référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement.

Cette proposition a été adoptée à l’unanimité.

Demain, l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition faite par les Institutions.

J’ai déjà informé de ma décision le Président de la République hellénique mais aussi, par téléphone, le Président de la République française, la Chancelière de la République d’Allemagne et le président de la Banque Centrale Européenne ; demain, j’adresserai un courrier officiel aux dirigeants de l’Union Européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours en sorte que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne.

Grecques, Grecs,

Face à cette mise en demeure dont le but est de nous faire accepter une austérité extrême et humiliante, sans fin, sans perspective de redressement social et économique, je vous invite à vous prononcer souverainement, fièrement, comme l’histoire grecque vous y enjoint.

Répondons à l’autoritarisme et à l’austérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination.

Que la Grèce, ce lieu qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale.

Je m’engage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel qu’il soit.

Je suis absolument sûr que votre décision fera honneur à l’histoire de notre patrie et sera un message de dignité adressé au monde.

En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que l’Europe est la maison commune de ses peuples. Que l’Europe ne se répartit pas entre des « propriétaires » et des « invités ».

La Grèce est et demeurera une partie indissociable de l’Europe et l’Europe une partie indissociable de la Grèce.

Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.

Je vous appelle tous et toutes, dans un même élan national, dans l’unité et la sérénité, à prendre les décisions que nous méritons.

Pour nous, pour les générations suivantes, pour l’histoire des Grecs.

Pour la souveraineté et la dignité de notre peuple. »

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3 commentaires sur “Europe: dictature ou démocratie

  1. Le monde est à l’envers. Jean de La Fontaine qui a écrit la célèbre fable « La cigale et la fourmi » va tourner dans sa tombe.
    Parlons de la Grèce.
    Q : Qui a créé les dettes abyssales d’aujourd’hui ?
    R : Les gouvernements successifs conduits par la dynastie Papandréou.
    Q : Est-ce que la Grèce a menti la Commission Européenne ?
    OUI : Ils ont toujours maquillé les comptes. Mais ce aussi vrais que la la Commission Européenne a fermés les yeux. Ils y avaient trop des socialo-communistes dans la Commission Européenne à l’époque.
    Q : Est-ce que les institutions Grecs fonctionnent au niveau des normes des autres états de la Communié Européenne ?
    R : NON. C’est à peine le niveau moyenâgeux. Impôts, Cadastre, Corruptions, etc.
    Q : Est-ce que les Grecs vivent au dessus de ses moyens ?
    R : OUI. De mon expérience personnelle des 4 vacances passées en Grèce j’ai vu les choses. Tous les soirs, tout le village est au restaurant et la journée sur les terrasses des cafés. Nous les payons à chaque repas au moins 50% de leurs plats.

    La gauche hait ceux qui ont de l’argent sans se poser la question pourquoi. Est-ce que parce qu’ils ont travaillés dur ? Est-ce que parce qu’ils ont fait des sacrifices durant leurs vie pour s’assurer un revenu décent. Foutaise, ca n’intéresse pas. Le nivèlement par le bas.
    La pauvre Cigale !
    Andrei

  2. Andréi, à priori, ce ne sont pas les gens de SIRIZA qui ont amenés la Grèce là ou elle est. Si la Grèce est pauvre, ce n’est pas la faute des pauvres mais plutôt celle des riches qui ont détourné et planqué des sommes vertigineuses et ceux là votent plutôt à droite – non ?
    Maintenant, que ce gouvernement utilise le seul moyen démocratique valable (un référendum) pour prendre une décision cruciale est très louable. Nos démocraties fonctionneraient mieux si l’on demandait l’avis du peuple beaucoup plus souvent surtout pour des questions fondamentales comme l’engagement de dépenses non prévues ou des économies drastiques imposées par la dictature technocratique européenne.

  3. Les discours c’est bien, c’est comme les consultants qui viennent distiller leurs conseils, le soir quand ils partent, ils s’en lavent les mains et récupère l’oseille 😉

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