CES PUISSANTS QUI NOUS DIRIGENT…

CES PUISSANTS QUI NOUS DIRIGENT ne sont pas faciles à contraindre par nos hommes politiques, la preuve par l’exemple.

Les États-Unis ont rejeté le protocole de KYOTO. Pour mémoire, celui-ci prévoyait en 1997 de lutter au niveau mondial contre le réchauffement climatique et principalement contre les rejets de gaz à effet de serre (CO2 essentiellement). Ce protocole ne prévoyait aucune obligation mais appelait chaque pays à réduire ses émissions d’un pourcentage précis par rapport à leur niveau de 1990 – l’Europe devait les réduire globalement de 8 %, les États-Unis de 7 %, le Japon de 6 % – à horizon de 2012. Les pays qui se sont réunis savaient bien que c’était un accord injuste puisqu’il contraignait les pays en développement (Inde, Chine ou Brésil par exemple) à payer pour des fautes passées des pays développés. Cependant ils ont estimés qu’il valait mieux une justice approximative qu’une inertie dont tout le monde souffrirait..

Les États-Unis ont refusé de jouer le jeu. Le Sénat a estimé que leur pays ne devait signer aucun protocole qui «aurait pour effet de nuire gravement à l’économie des États-Unis». Vous noterez, au passage, qu’ils n’ont pas refusé de signer parce qu’ils mettaient en doute les résultats des études scientifiques. Non, ils ont refusé de signer parce qu’ils risquaient d’être lésés financièrement puisque étant un des plus gros pollueurs de la planète et donc un des plus pénalisables…

Est-il possible de contraindre un pays à respecter un accord qui vise à préserver un bien commun à toute l’humanité ? Oui. Et il existe des organismes internationaux qui peuvent aider à œuvrer dans ce sens, la preuve :

Lorsque les États-Unis ont entrepris d’obliger la Thaïlande à pêcher les crevettes avec des filets inoffensifs pour les tortues, en menaçant d’interdire l’entrée sur leur territoire des crevettes prise dans les filets de l’ancien modèle (qui tuaient certaines espèces de tortues en péril), l’OMC leur à donné raison. Elle a donc estimé que maintenir l’équilibre environnemental de la planète est assez important pour qu’il soit possible, quand les industrie d’exportation d’un pays le compromettent, de suspendre l’accès aux marchés.

Les États-Unis ont porté plainte et ont imposé le changement de pratique aux pêcheurs thaïlandais.

L’utilisation de ce principe à été envisagé pour contraindre les pays qui ne respecterais pas le protocole de KYOTO.

Par exemple, l’acier produit aux États-Unis libère de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. Supposons que l’acier produit par les États-Unis se vende à 500 dollars la tonne, et que le processus de production de sept tonnes d’acier libère dans l’atmosphère 2 tonnes de carbone. Une tonne de carbone coûte, disons, 30 dollars (c’est son prix dans le système européen de « commerce de carbone » au début de l’année 2006). Puisque les États-Unis ont rejeté le protocole de KYOTO, elles n’ont aucune obligation de réduire leur production de carbone, elles sont de fait subventionnées à hauteur de 60 dollars la tonne d’acier. Donc, les pays européens et d’autres pays signataires du protocole pourraient lever sur l’acier américain une taxe de 60 dollars la tonne (soit un peu plus de 10 % de son prix).Ces droits plus élevés inciteraient fortement les États-Unis à se rallier au protocole de KYOTO et à réduire leur émissions.

Cette hypothèse a été évoquée par l’économiste Joseph E. Stiglitz(entre autres, ancien conseiller économique à la Maison-Blanche auprès de Bill Clinton) auprès de hauts responsables de nombreux pays industriels avancés. Selon lui, à la quasi-unanimité, ils ont été d’accord sur l’analyse, mais à la quasi-unanimité aussi, ils se sont montrés timorés : certains ont perçu la proposition comme l’équivalent commercial du déclenchement d’une guerre nucléaire !

On peut voir à l’aide de ces exemples combien il est difficile d’interférer sur les intérêts des plus grands groupes industriels localisés en grande partie aux États-Unis. Même si l’avenir de l’humanité en dépend, on ne peut pas toucher aux intérêts des grands de ce monde et les organismes tels que l’OMC n’ont finalement que peu de poids pour contraindre les États-Unis. On peut même se demander si ces organismes finalement n’ont pas été mis en place pour uniquement servir l’intérêt des grands groupes industriels et donc des États-Unis ? Dans ces conditions, comment s’en sortir ?

Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous recommande la lecture du livre de Joseph E. Stiglitz – « UN AUTRE MONDE contre le fanatisme du marché » dans lequel l’auteur n’énonce pas de nouvelles théories économiques mais expose ses analyses très documentées sur les différentes voies suivies par bon nombre de pays développés ou en voie de développement et surtout propose des solutions pour tenter de sortir de la logique dans laquelle la plupart des pays se sont engagés et qui les mènera à leur perte tôt ou tard..

Marcel Pérès

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