Le mandat impératif ou une autre façon d’envisager la démocratie.

Démocratie véritable – Le pouvoir du peuple constitue l’essence même de ce qui fait la démocratie (δєμοσ кρατοσ) comment y parvenir ou s’en approcher le plus possible ?

Voici quelques extraits d’un livre au contenu politiquement incorrect mais dont la lecture complète me semble incontournable à tout citoyen. Il décrit par le détail les différentes réflexions, propositions ou expérimentations qui dans les années suivant la révolution de 1789, ont petit à petit contribué à mettre en place une démocratie au fonctionnement irréprochable comme chacun sait !

Le mandat impératif – De la révolution française à la commune de paris.Pierre-Henri ZAIDMAN aux éditions du monde libertaire – Éditions libertaires.

Constat de Jean-Jacques Rousseau :

« A l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre, il n’est plus ». Il ne faut pas de représentants car ils ne peuvent que diviser ce qui est unité, donc détruire la souveraineté. La réalité territoriale et sociodémographique des États impose que la puissance législative « n’y puisse agir que par députation ». Et, pour prévenir la corruption qui guette toujours les représentants, Rousseau préconise l’institution de mandats impératifs tels que «le nonce », toujours « sous les yeux de ses constituants », « ne puisse rien faire de contraire à leur expresse volonté »

Le problème de la « corruptibilité » possible des représentants n’est pas nouveau, il était même envisagé alors que les représentants n’existaient pas !

D’où l’idée que les représentants doivent rendre des comptes…

« Chaque député d’un district du moment qu’il a pris séance devient représentant de la Commune ; qu’en cette qualité, il ne peut recevoir de ses commettants, une injonction qui, en frappant sur lui, compromettrait l’assemblée dont il est membre »

Déclaration du district des Prémontrés(Commune de Paris) le 31 octobre 1789 en réponse à l’arrêté de principe pris par les députés pour limiter l’action des districts sur les députés qu’ils ont élus « Les Districts réunis sont essentiellement la Commune […] les représentants individuellement en forment réellement une partie intégrante ; mais que quoique réunis, ils ne sont pas la Commune, mais seulement ses organes[…] La mesure des pouvoirs qu’elle leur a délégués n’en a point épuisé la source ; elle en conserve la propriété dans toute sa plénitude, ainsi que la faculté de modifier en toute occurrence les écoulemens de son autorité[…] Tout établissement, tout corps formé par elle, n’étant que des émanations d’elle-même, lui sont subordonnées, et ne peuvent exercer que comme ses mandataires la portion de pouvoir qu’elle leur a confié. ».

D’un autre coté, le peuple(les citoyens…) n’est pas en reste et la méfiance à son égard est de mise. Et là nous sommes tous concernés…

Louis Auguste Blanqui 1830 : Considère que le peuple n’est pas capable et qu’il est inapte à penser de manière autonome. C’est une « argile meuble » dans laquelle viennent s’imprimer facilement les idées dominantes : « Comment ne  pas voir, que la manifestation politique d’un peuple sera toujours le reflet des idées dont on l’a abreuvé, et qu’après vingt ans de despotisme, de servitude, d’abrutissement systématique, il ne peut éclore du scrutin que la graine semée dans les cerveaux? »

Étonnant – non (comme aurait dit Desproges) ?

Aujourd’hui les médias, qui peuvent atteindre facilement et très rapidement chaque citoyen, se chargent de préparer de la terre disponible dans nos cerveaux pour que les annonceurs puissent y faire éclore leurs graines. Nous ne sommes plus maître de nos choix.

Voici d’ailleurs la déclaration de M. Le Lay PdG de TF1 :

« … A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit …  or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible »

Pour Blanqui, il ne faut ni représentants ni représentés et par conséquent la notion même de mandat n’existe pas ! Il préfère l’action directe qui elle ne ment jamais. Pour lui, le suffrage universel n’est que « mensonge et illusion ».

Là, c’est radical !!!!

Aujourd’hui, les inquiétudes des débuts de notre démocratie sont devenues réalité. Tout le monde peut le constater à son niveaux pour peu qu’il soit pourvu d’un minimum de bon sens et d’esprit critique. Dans ces périodes de grandes turbulences économiques et politiques, il est bon d’en prendre conscience et de bien réfléchir lors de notre prochain vote à l’orientation que nous voulons donner à notre société, pour nous et nos enfants. Sans changements majeurs, nous nous dirigeons tout droit vers une nouvelle forme d’esclavage, l’esclavage des peuples par les actionnaires des grandes multinationales.

Évitons de nous comporter comme des gnous(comparaison amusante employée par Michel Galabru lors d’une interview !) en suivant aveuglément le mouvement général sans se soucier si nous dirigeons vers l’abîme.

Soyons individuellement acteur de notre avenir et de celui de nos enfants en n’oublions pas le but à atteindre inscrit par nos aînés dans notre constitution : Liberté, égalité, fraternité. Pesons-en bien chaque mot !

Merci Miguel pour ton conseil de lecture !

MP

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Un commentaire sur “Le mandat impératif ou une autre façon d’envisager la démocratie.

  1. On peut rêver d’un autre mode de gouvernance, et d’un changement radical qu’on espére salvateur, en mettant en place le mandat impératif. N’y aurait-il pas une autres alternative moins brutale et qui me semble sinon aussi efficace au moins porteuse d’un changement à notre portée. Je veux par là évoquer la durée des mandats. Que ce soit dans les associations où l’on peut mettre en place un peu plus aisément il me semble quelques outils favorisant la participation de tous et un semblant de démocratie, il nous reste néanmoins au moment des assemblées générales, un outil peu exploité, qui est la prise de parole et accessoirement le vote. Réclamer une limite de mandats ne se fait pas tout seul. Si vous êtes le président ou l’un des membres du bureau et que vous prônez cette limite, vous monterez l’exemple en laissant au bout de 2 à 3 ans votre place. Vous annoncez la couleur, vous créez le vide, et la place laissé vacante se retrouve occupée. On peut nous rétorquer que dans le cas d’une association dont le fonctionnement serait délicat, c’est un peu quitter le navire. Oui, j’assume, c’est peut-être aussi que le projet de l’association ne correspond plus à un besoin nouveau sur le territoire.
    Autre situation, vous êtes seulement membre d’une association, vous vous rendez à l’Assemblée Générale et vous réclamez la limitation des mandats. Sans vous rendre compte vous effectuez un crime de lèse majesté. Attention à votre matricule? Vous signalez au président en place que vous l’avez assez vu ! NON vous mettez juste en avant l’intérêt général.
    Dans le cas d’une création d’une association, la mise en place et la rédaction des statuts ne doivent pas être négligées. C’est une étape clé pour assurer la bonne gouvernance de l’association.
    Il en va de même en politique. Dans un récent éditorial de Marianne, Jacques Julliard concluait en écrivant :  » Organisez la rotation des citoyens au pouvoir ! Pour que la vie politique soit quelque chose pour tous, il faut qu’elle cesse d’être tout pour quelques uns. »

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