Pas d’obstacles politiques au business…

Comment les société multinationales s’y prennent pour s’imposer dans un pays qui résiste au développement de leur business et imposer les OGM aux pays qui n’en veulent pas ?

En voici un exemple avec le groupe Monsanto extrait du livre « Les coulisses du commerce équitable, mensonges et vérités sur un petit business qui monte » de Christian JacquiauDocument Mille et une nuits.:

«… Le Burkina Faso a franchi le pas en confiant ses essais au numéro un mondial de l’agrochimie, l’Américain Monsanto qui, pour l’occasion,  a fait un geste humanitaire : « Quelques brevets et de la technologie ont ainsi été offerts à des associations américaines qui les ont ensuite transférés à des instituts de recherche africains », explique Charlotte Cans(« l’Afrique doit elle en prendre de la graine? » Art. Cit.)….

L’Afrique va-t-elle devenir un nouveau laboratoire pour le monde développé ? Derrière les bonnes intentions affichées par Monsanto, se dessinent de sombres ambitions mercantiles, qui ne concernent pas que l’Afrique. « Compte tenu des  relations privilégiées entre l’Afrique et l’Europe, pénétrer le marché africain serait un moyen de faire pression sur l’Europe » explique encore la journaliste Charlotte Cans. La stratégie retenue par les transnationales de l’agrochimie seraient donc celle du cheval de Troie, l’Afrique pourrait être le point faible de l’Europe qui commerce avec elle; le continent africain ne serait donc qu’une cible parmi d’autres, car l’objectif est de disséminer les OGM à un point tel qu’il ne soit plus possible de revenir en arrière.  … 

Monsanto use de tous les arguments. La peur de l’autre peut faire recette. Après le syndrome du plombier Polonais, lancé par le funeste commissaire européen Fritz Bolkestein, Bjorn Neumann surfe sur le syndrome chinois et le déclin européen.  Pour ce haut responsable de la firme Monsanto,  «l’Europe qui a déjà raté les nouvelles technologies de l’information [?] est en train de rater les biotechnologies. Dans dix ans, les européens devront acheter la technologie à l’Inde et à la Chine». A moins que, d’ici là, l’Europe n’ait définitivement renoncé aux biotechnologies et que, dans dix ans, les pays les plus avancés  soient finalement ceux qui ont été les plus clairvoyants, ceux qui ont su résister avec courage et lucidité à ce progrès à rebours… 

Les enjeux ne sont pas qu’humains, sociaux et environnementaux pour les pays africains. Ils sont aussi commerciaux. « Si le Burkina venait à produire des cultures OGM et que l’union européenne refusait de les lui acheter, quelles en seraient les conséquences ? » interroge la journaliste Charlotte Cans. 

La dernière, et peut être la principale question que posent les OGM en Afrique, touche au brevetage du vivant, c’est à dire l’appropriation par le secteur privé du patrimoine variétal africain. Si l’identification d’un gène ou d’une séquence génétique est considéré comme une découverte(c’est à dire non brevetable), la mise en évidence de sa fonction (l’introduction réussie du nouveau gène) est considéré comme une invention et permet, à ce titre, le dépôt d’un brevet », souligne la journaliste….»

Qui peut résister à une telle pression ? Nos démocraties ont elles les moyens de lutter contre ces assauts incessants ? Aujourd’hui probablement, mais pour combien de temps encore ?

Voici 2 idées simples applicables immédiatement et qui peuvent enrayer ce beau mécanisme.

Modifions nos comportements d’achats.

 1 – Pratiquer l’achat responsable.

Premier réflexe : en ai-je vraiment besoin ?

C’est sûrement très dur de changer la tendance qui veut que l’on réagisse comme des robots aux injonctions du marketing des sociétés commerciales, mais il le faudrait pour éviter d’envahir la planète de résidus d’objets devenus obsolètes de plus en plus rapidement!

2 – Un produit dans le caddy = Bulletin de vote dans l’urne !

Nous pouvons agir sur les choix de société que nous désirons en utilisant notre droit de vote aux différentes élections, mais cela ne concerne qu’un seul secteur : la société civile.

Un secteur nous échappe : celui de la consommation nécessaire ou superflue. Ce secteur est détenu par des intérêts privés situés de plus en plus au sein de grandes entreprises multinationales et nous n’y avons pas directement accès. Nous n’avons que le choix d’acheter ou non les produits proposés or les sociétés s’organisent pour nous faire acheter ce quelles ont décidé et qui est bien évidement profitable pour elles. Utilisons donc ce canal de communication entre la société privée et le citoyen consommateur pour imposer également notre point de vue. Considérons chaque achat comme un bulletin de vote. N’achetons qu’en toute connaissance de cause et en se demandant si l’achat que nous faisons n’entre pas en contradiction avec les choix de sociétés que nous avons fait pour nous et nos enfants dans la société civile(via nos votes).

Il reste encore des secteurs peu touchés par la mondialisation (produits régionaux de proximité, appellations d’origine, …) qui ne demandent qu’à être aidés par nos achats pour contrer le mouvement de mondialisation qui n’est qu’une quête perpétuelle d’augmentation de profits pour les transnationales et qui ne fait que creuser chaque jour davantage l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

 MP

Liens utiles :

http://www.semencespaysannes.org/  –  Semences Paysannes est un réseau constitué d’une soixantaine d’organisations, toutes impliquées dans des initiatives de promotion et de défense de la biodiversité cultivée et des savoir-faire associés.
Outre la coordination et la consolidation des initiatives locales, le Réseau Semences Paysannes travaille à la promotion de modes de gestion collectifs et de protection des semences paysannes, ainsi qu’à la reconnaissance scientifique et juridique des pratiques paysannes de production et d’échange de semences et de plants.

http://viacampesina.org/fr/ – La Via Campesina est le mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits et de moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du monde rural, d’indigènes, de migrants et de travailleurs agricoles…  Elle défend l’agriculture durable de petite échelle comme moyen de promouvoir la justice sociale et la dignité. Elle s’oppose clairement à l’agriculture industrielle et aux entreprises multinationales qui détruisent les personnes et l’environnement. La Via Campesina regroupe environ 150 organisations locales et nationales dans 70 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. En tout, elle représente environ 200 millions de paysannes et de paysans. C’est un mouvement autonome, pluraliste et multiculturel, sans affiliation politique, économique ou autre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s