A qui profite la dette (suite)

Grèce : OPA en vue sur tous les biens publics

30 décembre 2011 | Par Martine Orange sur Médiapart.

La grande braderie va pouvoir commencer en Grèce. Alors que le plan de restructuration de la dette grecque, officiellement arrêté fin octobre, est toujours en discussion, le gouvernement de Lucas Papademos est sur le point de faire de nouvelles propositions. Pour convaincre les financiers d’accepter d’échanger leurs titres contre des obligations de plus longue durée ou avec une décote, celui-ci  s’apprête à leur faire une nouvelle offre. Les nouveaux titres émis seraient gagés sur des biens publics. Électricité, autoroutes, chemins de fer, ports, immobilier, foncier, tout pourrait servir de garantie.

Appelés obligations de privatisation, ces nouveaux titres d’une durée de cinq ans devraient avoir des taux d’intérêt peu élevés, selon les informations publiées par le quotidien grec Imerisia. Mais ils pourraient par la suite être transformés en actions, lorsque les sociétés sur lesquelles ils sont adossés seraient privatisées. Ainsi les créanciers privés, qu’il convient toujours de rassurer, disposeraient-ils de la double garantie d’avoir des actifs tangibles en contrepartie de leur prêt et de pouvoir mettre la main sur des actifs publics intéressants à bon compte, le moment venu. Car naturellement, les créanciers obligataires se verraient offrir une prime au moment de la privatisation, pour avoir accepté de  renégocier la dette.

Ce projet est vivement encouragé par les instances européennes et le Fonds monétaire international. Dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce, ceux-ci ont exigé un programme de privatisation d’au moins 50 milliards d’euros d’ici à 2015, en contrepartie de leur aide financière. Mais ce programme tarde à être mis en œuvre. Et l’Europe et le FMI s’impatientent. La procédure imaginée a l’avantage, à leurs yeux, d’enclencher rapidement les privatisations attendues.

Le dispositif devrait être précisé d’ici à la mi-janvier, au moment d’une nouvelle inspection des membres de la Troïka ( BCE, Europe, FMI) à Athènes. Le gouvernement envisagerait de lever quelques 100 milliards d’euros par ce biais. C’est la somme à laquelle les créanciers privés sont censés renoncer dans le cadre de la restructuration de la dette. Leur sacrifice, compte tenu du dispositif envisagé, ne s’annonce toutefois que momentané.

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