La paix au Venezuela.

Des intellectuels d’Amérique latine et de différentes orientations politiques publient un manifeste pour alerter l’opinion mondiale sur les violences qui ne font que progresser au Venezuela. Leur déclaration décrit bien le contexte dans lequel se déroulent ces violences et qui sont très peu explicitées dans les médias.

En effet, le Venezuela est l’objet de convoitises terribles par les grosses sociétés pétrolières et ces violences ne visent qu’un but récupérer le bénéfice de la rente pétrolière que représentent les réserves colossales de pétrole du pays (la plus grande réserve mondiale avec l’Arabie-Saoudite !). Pour l’occasion je republie, ci-dessous, le croquis que j’avais utilisé dans un autre article et qui est très éclairant pour comprendre également la raison des différentes tensions politiques dans le globe.

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Pour la création d’un Comité international pour la paix au Venezuela

A l’initiative d’intellectuels et activistes sud-américains comme Maristella Svampa ou Alberto Acosta, des militants de la société civile, universitaires et intellectuels latino-américains et européens appellent à «la formation urgente d’un Comité international pour stopper la montée de la violence au Venezuela et mettre fin à la montée de la violence institutionnelle et de la violence de rues».

En tant qu’universitaires, intellectuels ou militants de la société civile, nous souhaitons exprimer notre profonde préoccupation face à la situation incontrôlée de violence politique et sociale au Venezuela qui a déjà entraîné plus de cinquante morts, des centaines de blessés et de détenus renvoyés devant des tribunaux militaires.

Nous sommes conscients que la situation de violence dans laquelle le Venezuela est plongé aujourd’hui a des origines nombreuses et complexes, dans un contexte de polarisation politique de plus en plus virulente et de désintégration du tissu social. Le conflit vénézuélien a ainsi différences faces.

D’un côté, il y a un gouvernement de plus en plus délégitimé, prenant un fort caractère autoritaire. Cette dynamique puise sa source dans le refus de l’exécutif de reconnaître les autres branches du pouvoir d’Etat, comme l’assemblée législative où l’opposition dispose aujourd’hui de la majorité après son triomphe lors des élections de décembre 2015. Cette tendance a été puissamment renforcée par le blocage puis le report du référendum révocatoire – un outil de démocratisation introduit par la Constitution approuvée sous Hugo Chávez – puis avec le report des élections régionales l’année dernière, jusqu’à l’échec de l’auto-coup d’Etat tenté par l’exécutif en avril. Plus récemment s’est ajouté l’appel à une Assemblée constituante, prononcé de manière clairement anticonstitutionnelle, qui, loin de résoudre la crise, l’alimente et l’intensifie. Cette initiative peut être perçue comme une tentative de consolidation d’un régime totalitaire dans le contexte d’une énorme crise sociale et économique (manque de nourriture et de médicaments, entre autres).

Cela étant dit, nous ne croyons pas, comme l’affirment certains secteurs de la gauche latino-américaine, qu’il s’agit aujourd’hui de défendre un « gouvernement anti-impérialiste et populaire ». Ce soutien inconditionnel provenant de certains activistes et intellectuels relève non seulement d’un aveuglement idéologique néfaste, mais il contribue malheureusement à la consolidation d’un régime autoritaire. Notre soutien au changement social et politique, y compris à la critique du capitalisme, ne peut pas être étendu à des projets antidémocratiques qui peuvent finir par justifier une intervention externe « au nom de la démocratie ». De notre point de vue, le refus de toute ingérence étrangère doit se fonder sur plus de démocratie, pas plus d’autoritarisme.

D’un autre côté, en tant qu’intellectuels de gauche, nous sommes également conscients de la géopolitique régionale et mondiale. Il est clair qu’il existe des secteurs extrémistes dans l’opposition (qui est très large et hétérogène) qui recherchent également une issue violente. Pour eux, il s’agit d’exterminer, une fois pour toutes, l’imaginaire populaire associé à des idées si « dangereuses » telles que l’organisation populaire, la démocratie participative et la transformation profonde de la société en faveur des secteurs sociaux subalternes. Ces groupes d’extrême-droite ont pu compter, au moins depuis le coup d’état de 2002, sur le soutien politique et financier du département d’Etat américain.

En tant que citoyens d’Amérique latine et d’autres régions du monde, nous exprimons un double engagement. D’une part, un engagement envers la démocratie, c’est-à-dire une démocratie participative, qui implique des élections périodiques, des citoyens mobilisés dans les rues et l’élargissement des arènes publiques permettant des prises de décision collective et communautaire. Cela signifie aussi une démocratie égalitaire, qui implique l’extension des droits pour conduire à une société plus juste. D’autre part, nous exprimons notre engagement envers les droits de l’homme, ce qui signifie des normes minimales fondamentales et non négociables de respect mutuel, qui excluent l’utilisation de la torture, le meurtre d’opposants et la résolution des conflits par la violence.

En ce sens, nous pensons que le principal responsable de la situation au Venezuela – en tant que garant des droits fondamentaux – est l’Etat qui se trouve entre les mains des autorités gouvernementales actuelles. Mais, comme nous l’avons déjà dit, nous croyons qu’il est fondamental de se placer au-dessus de cette polarisation et qu’il faut chercher de nouvelles voies pour le dialogue politique et social afin d’ouvrir un espace aux secteurs qui aujourd’hui souhaitent sortir du statu quocatastrophique et qui se situent au-dessus de toute option violente.

Nous réaffirmons notre solidarité avec le récent appel à un dialogue démocratique et pluriel – qui doit inclure des voix diverses et non pas seulement celles des secteurs polarisés du gouvernement et de l’opposition – qui a été lancé par différents secteurs de la société vénézuélienne, parmi lesquels des dirigeants politiques, des universitaires, des militants de la société civile, des organisations sociales et politiques de portée nationale, d’anciens ministres sous Hugo Chavez, d’anciens dirigeants de l’opposition, des défenseurs des droits de l’homme et des militants politiques, syndicaux et communautaires (voir https://www.aporrea.org/actualidad/n308976.html).

Nous appelons à la formation urgente d’un Comité international pour la paix au Venezuela afin de mettre fin à la montée de la violence institutionnelle et de la violence de rue. Nous sommes persuadés qu’un autre dialogue est possible au Venezuela au-delà de la polarisation et de la violence.

La résolution d’une crise politique est toujours longue et complexe, mais elle exige toujours plus de démocratie, jamais moins. Et ce résultat ne pourra être atteint que par le respect des droits humains et l’autodétermination du peuple vénézuélien.

Envoyer vos signatures à : comiteporlapazenvenezuela@gmail.com

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Lien pour accéder à l’article original : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/310517/pour-la-creation-dun-comite-international-pour-la-paix-au-venezuela

 

MACRON ou LE PEN ou … rien ?

Soyons clairs ! Ce blog milite pour la suppression des élections et son remplacement par le tirage au sort pour désigner un collectif et non un président et vu que les 2 candidats restants ne proposent rien sur le tirage au sort, l’article pourrait s’arrêter là ! Toutefois et vu la déferlante médiatique du moment il me parait utile de proposer une réflexion sur ce que le FN représente dans notre démocratie.

Depuis que le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé qu’il ne se prononcerait pas sur le choix de son vote au second tour des présidentielles 2017 et qu’il ne donnerait aucune consigne aux insoumis, c’est l’affolement dans les médias de masse. Selon ces bien-pensants et donneurs de leçons (politiciens, journalistes, éditorialistes, philosophes, …) Jean-Luc Mélenchon et les insoumis, par inconscience bien évidement, ferait courir le risque à notre république de voir arriver à l’Élisée le FN. Selon eux ne pas appeler à voter Macron pour faire « barrage » au front national est une faute im-par-do-nna-ble !!!

Alors, que faut-il comprendre dans cette attitude de la part des ces savants patentés, vu que le résultat de Marine LE PEN n’est pas sans rappeler ce qui s’est déjà produit lors des présidentielles de 2002 où LE PEN père s’était qualifié pour le second tour ?

Que s’est-il passé depuis cette date qui a vu défiler 3 présidents ?

En 2002, passé le choc du premier tour qui a vu l’irruption de Jean-Marie LE PEN et suite aux mises en garde généralisée par les médias et hommes politiques sur le danger que représente ce parti pour notre démocratie, une immense majorité de citoyens se sont mobilisés pour donner leur voix au second tour à Jacques CHIRAC qui de ce fait a été élu au second tour dans un fauteuil par un score canon de 82% de votes en sa faveur !!!

Ce score ne voulait évidement pas dire à Jacques CHIRAC : « ton programme est bien mieux que celui de Jean-Marie LE PEN, c’est pour ça que je vote pour toi ! », non, il voulait simplement dire « nous ne voulons pas du Front National », sous entendu « fais quelque chose !!! ».

En analysant les voix obtenues par ce parti dans les récentes élections présidentielles cela donne les chiffres suivants :

Depuis 2002, et en dehors de 2007 où Sarkozy avait « ultra-droitisé » son discours, le FN n’a cessé d’engranger de plus en plus de voix…

Le constat est le suivant, depuis le choc de 2002, le FN à progressé de plus de 2 millions de voix en France et il ne cesse de progresser !!!

Face à ce constat, on est en droit de se poser quelques questions ?

Comment se fait-il que les idées du FN séduisent de plus en plus de personnes malgré la « diabolisation » qui en est faite à chaque «élection» et pourquoi les élus (3 présidents) n’ont pas réussi à inverser la tendance ?

Tout simplement parce que, les analystes de tous poils, les politiciens et les médias font semblant d’ignorer ce qui motive les électeurs FN. De leur supériorité intellectuelle ces bien-pensants jugent que les électeurs FN sont des ignorants profonds voire des débiles mentaux sans intérêt. Pour ma part j’ai du mal à avaler que 7 millions d’électeurs soient simplement des crétins irrécupérables (j’en connais…).

Non, en fait si le FN séduit de plus en plus c’est qu’un malaise profond se développe dans notre société et ce malaise se traduit par un vote de raz le bol des gouvernants. Du coup, quoi de mieux que le front national qui fait peur aux gouvernants pour exprimer son mécontentement ?

Les présidents ont toujours bénéficié du « vote utile » au premier et au second tour pour canaliser les voix vers leur candidature. Mais une fois élus aucune décision n’a été prise ni pour s’attaquer au soit disant «danger» que représente le FN ni pour répondre aux attentes de ses électeurs.

En fait le FN progresse car les élus ne font rien pour qu’il régresse  !

Qui sont les électeurs du FN ? Quelles sont leur motivation ?

Répondre à ces question c’est trouver une partie de la solution pour le faire régresser. Pour ma part je pense qu’il y a un mélange de personnes en souffrance avec des fins de mois très difficiles (jeunes et vieux confondus) mais également des personnes concernées de près ou de loin par la menace de la perte d’emploi occasionnée par la mondialisation sauvage contre laquelle les gouvernants ne proposent rien.

En quoi le FN est-il un danger pour la république ?

Les mêmes nous présentent le FN comme étant un danger absolu pour notre démocratie. Mais sans rentrer dans le détail de son programme, il me semble qu’il y a un problème avec cette présentation. En effet :

  • Soit il est un danger de mort pour notre démocratie et à ce moment là pourquoi n’est-il pas interdit ? Que vaudrait notre démocratie qui laisserait un tueur psychopathe se promener en toute tranquillité ?
  • Soit il est sans danger puisque non interdit. Mais dans ce cas, pourquoi il est présenté comme tel et qui a intérêt à ce que cette situation perdure ?

Si l’on est convaincus de vivre dans une démocratie qui nous protège, il faut se rendre à l’évidence que le FN ne représente aucun danger pour nous.

A qui profite le score FN ?

Pour ma part je pense que, tout comme le chien de berger permet de garder les moutons bien groupés dans le troupeau, le FN est le danger utile dans notre démocratie pour que les bulletins de votes aillent toujours vers les représentants nécessaires au système économico-financier.

Mais il est évident que le système ne choisit pas ceux qui pourraient réellement changer, ils ont choisi un « épouvantail » qui économiquement ne changera rien.

Doit-on avoir peur du FN ?

Bien entendu qu’il ne faut pas avoir peur du FN, c’est par cette peur que nous sommes conditionnés à l’immobilisme. Les manipulateurs l’ont bien compris ils en usent et en abusent à longueur de journée dans les médias de masse.

Doit-on OBLIGATOIREMENT voter Macron pour faire barrage au FN ?

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et si l’on est taraudé par l’intérêt du vote utile, disons nous qu’en votant MACRON « le candidat du système » nous donnerons la garantie aux manipulateurs que nous ne sommes toujours pas prêts pour un réel changement de politique.

Pour ma part et en accord avec les idées que je défends sur le tirage au sort pour remplacer les élections, je ne me déplacerai pas pour choisir entre la peste et le choléra !

Ce sera : rien !!

MP

De l’intérêt des élections présidentielles 2017.

Ce blog étant axé sur la substitution des élections par le tirage au sort pour désigner les représentants des citoyens, il me semble indispensable de réfléchir à l’utilité des prochaines élections présidentielles 2017 afin de voir s’il est d’une part, cohérent d’y prendre part et donc de voter pour un individu et ses idées dont il est porteur, et d’autre part de s’intéresser aux programmes pour choisir un ou des candidats porteurs d’un vrai changement démocratique pour une implication maximale des citoyens.

 

L’élection présidentielle a-t-elle un intérêt quand on milite pour le tirage au sort ?

L’élection présidentielle dans le cadre de la constitution actuelle permet de désigner celui qui gouvernera le pays pendant une période donnée (5 ans). La personne désignée par les élections a été choisie au terme d’un long processus basé sur le système électif dont la critique a déjà été développée ici.
L’individu qui sera élu (le président) aura été désigné autant sur sa personne (son physique et sa personnalité dépeinte par les médias) que sur son programme (quand il en a un…).
Ces deux composantes ne pouvant être dissociées actuellement, nous devons donc faire avec en prenant le risque de participer au processus que nous critiquons et potentiellement de désigner un nouveau bonimenteur voire un escroc.

Toutefois, la question que l’on doit se poser avant de se déplacer aux urnes est : Existe t-il un(e) candidat(e), peu importe notre sensibilité, qui propose de mettre en place le tirage au sort dans la vie politique ?

Que proposent les 10 candidats à la présidentielle 2017 ?

ARTHAUD Nathalie
Le programme : http://www.nathalie-arthaud.info/nos-positions
3 mesures prioritaires :
– Interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous
– Augmentation des salaires
– Contrôle des travailleurs sur les entreprises
Pas de mention du tirage au sort

ASSELINEAU François
Le programme : https://www.upr.fr/programme-elections-presidentielles-france
3 mesures prioritaires :
– Sortir de l’Union européenne
– Sortir de l’euro
– Rétablir la démocratie la plus large
Pas de mention du tirage au sort

CHEMINADE Jacques
Le programme : http://www.cheminade2017.fr/-Projet-2017-
3 mesures prioritaires :
– Exiger un nouveau bretton woods
– Une vrai séparation bancaire
– Sortir de l’UE et refonder l’Europe
Pas de mention du tirage au sort

DUPONT-AIGNAN Nicolas
Le programme : http://www.debout-la-france.fr/
3 mesure prioritaires :
– Débrider le moteur économique de la France
– Garantir l’ordre républicain pour tous
– Donner du sens à la fraternité
Pas de mention du tirage au sort

FILLON François
Le programme : https://www.fillon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/PROJET_FRAN%C3%87OIS_FILLON_2017.pdf
3 mesure prioritaires :
– Compétitivité
– Droit du travail
– Assurance chômage, formation professionnelle
Pas de mention du tirage au sort

HAMON Benoît
Le programme : https://www.benoithamon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/projet-web1.pdf
3 mesure prioritaires :
– Un futur désirable, vouloir le progrès social, écologique et démocratique
– Le travail et l’emploi, réussir la transition économique
– Préserver notre planète, transformer notre modèle de développement
Pas de mention du tirage au sort

LASSALLE Jean
Le programme : http://jeanlassalle2017.fr/le-projet-de-jean-lassalle/
3 mesure prioritaires :
– Libérons-nous de l’oppression financière
– Libérons l’écologie de la financiarisation qui la dénature
– Rendons son pouvoir à l’institution locale la plus démocratique, la commune
Pas de mention du tirage au sort

MACRON Emmanuel
Le programme : https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf
3 mesure prioritaires :
– Bien vivre de son travail et inventer de nouvelles protections
– Libérer le travail et l’esprit d’entreprise
– Inventer un nouveau modèle de croissance
Pas de mention du tirage au sort

MELENCHON Jean-Luc
Le programme : https://avenirencommun.fr/sommaire-du-programme/
3 mesure prioritaires :
– Réunir une assemblée constituante
– Balayer l’oligarchie, abolir les privilèges de la caste
– Une République permettant l’intervention populaire
Le programme propose d’introduire le tirage au sort pour sélectionner une partie des participants à l’assemblée constituante.

POUTOU Philippe
Le programme : https://poutou2017.org/programme/programme-de-p-poutou-pour-lelection-presidentielle
3 mesure prioritaires :
– Ces îles que l’on dit françaises…
– Permettre aux artisans de vivre de leur travail
– Pour des médias libres et indépendants
Pas de mention du tirage au sort

Quel(s) candidat(s) soutenir?

Seul le programme de la France Insoumise porté par Jean-Luc Mélenchon introduit pour la première fois en France le tirage au sort comme moyen de désignation des membres d’une assemblé politique – l’assemblée constituante, chargée de rédiger le texte de la future constitution.
Même s’il faut s’en réjouir, cette introduction est loin d’être satisfaisante puisqu’elle n’envisage de l’utiliser que pour désigner une partie seulement de l’assemblée constituante, l’autre partie étant désignée par des élections. De plus il n’est pas précisé quel ratio sera désigné par tirage au sort.
Quoi qu’il en soit ne boudons pas notre plaisir puisque même si l’on ne peut jamais être certain de l’avenir surtout lorsqu’il s’agit de promesses politiques, le fait d’avoir introduit l’idée du tirage au sort en politique est déjà une avancée considérable.
Pour cela et vu que personne d’autre ne mentionne le tirage au sort (sauf pour le désapprouver – Marine Le Pen), je soutien La candidature de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

Le hasard fait partie de notre ADN

adn2Les études sur la biologie moléculaire et la génétique nous apprennent que les différentes espèces d’êtres vivants existent parce qu’un mécanisme de réplication reproduit, quasi sans faille, des modifications, des mutations qui se produisent par hasard, parfois de façon extrêmement rapide, sur le matériel génétique depuis la nuit des temps, et que l’environnement, les interactions entre espèces
éliminent ou sélectionnent les mieux adaptés.
Ces « révélations » sur les êtres vivant sont expliquées en détail dans le du livre « Le hasard et la nécessité » de Jacques Monod – un des fondateurs de la biologie moléculaire et prix Nobel de médecine en 1965.
Voici quelques extraits qu’il m’a paru bon de rappeler à certains et faire découvrir à d’autres. Ces connaissances pourtant fondamentales ne sont malheureusement que très peu divulguées et très peu enseignées.

Mécanisme d’auto-défense des organismes.

Le hasard intervient au niveau du système de défense immunitaire des cellules.
…Il est établit aujourd’hui que la structure de l’anticorps ne doit rien à l’antigène: au sein de  l’organisme des cellules spécialisées, produite en grand nombre, possèdent la propriété – unique – de « jouer à la roulette » sur une partie bien définie, des segments génétiques qui déterminent la structure des anticorps. Le fonctionnement exact de cette roulette génétique spécialisée et ultra-rapide n’est pas encore entièrement élucidé: il est vraisemblable cependant qu’interviennent aussi bien des recombinaisons que des mutations, les une et les autres en tout cas se produisent au hasard et dans l’ignorance totale de la structure de l’antigène. Celui-ci en revanche joue le rôle de
sélecteur, favorisant différentiellement la multiplication de celles des cellules qui se trouvent produire un anticorps capable de reconnaître. Il est bien remarquable de trouver, à la base d’un des phénomènes d’adaptation moléculaire les plus exquisement précis qu’on connaisse, une source au hasard. Mais il est clair (à posteriori) que seule une telle source pouvait être assez riche pour offrir à l’organisme des moyens de défense en quelque sorte « tous azimuts »…

Origine de la diversité des êtres vivants .

Le hasard intervient également, non seulement, au niveau de la construction de l’ADN, mais également, au niveau de la constitution même des macro-molécules de protéines. C’est ce qui permet d’expliquer la diversité des êtres vivants.

Si, chimiquement, les constituants sont les mêmes, et synthétisés par les mêmes voies chez tous les être vivants, quelle est la source de leur prodigieuse diversité morphologique et physiologique ?

Nous possédons aujourd’hui la solution de ce problème. Les constituants universels que sont les nucléotides d’une part, les acides aminés de l’autre, sont l’équivalent logique d’un alphabet dans lequel serait inscrite la structure, donc les fonctions associatives spécifiques des protéines. Dans cet alphabet, peut donc être écrite toute la diversité des structures et des performances que contient la biosphère. En outre, c’est la reproduction, ne variatur, à chaque génération du texte écrit sous forme de séquence de nucléotides dans l’ADN, qui assure l’invariance de l’espèce

Hasard source de toute nouveauté.

Le hasard est LA seule source de nouveauté !

le hasard seul est à la source de toute nouveauté, de toute création dans la biosphère. Le hasard pur, le seul hasard, liberté absolue mais aveugle, à la racine même du prodigieux édifice de l’évolution: cette notion centrale de la biologie moderne n’est plus aujourd’hui une hypothèse, parmi d’autres possibles ou au moins concevables. Elle est la seule concevable, comme seule compatible avec les faits d’observation et d’expérience. Et rien ne permet de supposer (ou d’espérer) que nos conceptions sur ce point devront ou même pourront être révisées

Croyances et science.

Conscient de toucher, par ses découvertes et sa démonstration, le point très sensible dans nos sociétés de l’origine de l’humanité, Jacques Monod conclut :

S’il est vrai que le besoin d’une explication entière est inné, que son absence est source de profonde angoisse; si la seule forme d’explication qui sache apaiser l’angoisse est celle d’une histoire totale qui révèle la signification de l’Homme en lui assignant dans les plans de la nature une place nécessaire; si pour paraître vrai, signifiante, apaisante, l' »explication » doit se fondre dans la longue tradition animiste, on comprends alors pourquoi il fallut tant de millénaires pour que paraisse dans le royaume des idées celle de la connaissance objective comme seule source de vérité authentique...

Malheureusement, cette connaissance objective qu’on pense actuellement acquise au niveau de l’humanité est en réalité quasi systématiquement ignorée par les nouvelles générations puisque très peu enseignée et même dénigrée par la plupart des médias de masse.

Si l’on veut que le royaume des idées soient enfin une réalité pour chacun de nos concitoyens, il faut mener des campagnes d’information permanentes pour lutter contre ceux qui œuvrent par intérêt pour attirer dans le royaume des ténèbres toutes les personnes ignorantes des découvertes scientifiques.

Ce point est très important car il rejoint une de nos préoccupations pour la mise en place des représentants par tirage au sort : la compétence des désignés et leurs formations permanentes nécessaires…

Si vous souhaitez approfondir vos connaissance sur ce thème, je vous suggère de lire son livre tout à fait accessible même s’il est parfois nécessaire de relire plusieurs fois certaines phrase pour bien comprendre certains concepts…

le-hasard-et-la-neceite

Le triomphe de l’élection sur le tirage au sort ?

helenelandemoreHélène Landemore, est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Yale aux États-Unis.

Elle a donné une interview, parue dans le journal « l’humanité » du 06/01/2017, dans laquelle elle évoque les problèmes que posent les élections des représentants dans nos démocraties et démontre ce que pourrait apporter à la démocratie la désignation des représentants par tirage au sort. Elle préconise de reprendre le chemin qui n’a pas été emprunté au XVIIIe siècle, c’est-à-dire de revenir au tirage au sort.

C’est une analyse très intéressante et une philosophe politique à suivre (http://fr.helenelandemore.com)…

Si les intellectuels s’emparent enfin de ce sujet, il y a des raisons d’espérer que le sujet du tirage au sort apparaisse enfin dans nos débats politiques et qu’une réelle démocratie voit enfin le jour !

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Vous faites valoir, dans votre œuvre, l’idée d’intelligence collective articulée au concept de démocratie. En quoi cette idée est-elle novatrice ?

HELENE LANDEMORE. Je suis partie, effectivement, à un moment donné de mon travail universitaire, de la connexion de l’idée d’intelligence collective et de démocratie. Cette img1idée a donné lieu à la publication de mon premier livre en anglais en 2013 (1). L’idée que l’intelligence collective est une des raisons qui rendent la démocratie désirable n’est pas entièrement nouvelle. Il y avait, par exemple, le livre de James Surowiecki, publié sur le sujet en 2004 (2). On peut aussi remonter aux formulations d’Aristote sur les bénéfices politiques de « plusieurs têtes » et à tout un tas d’autres auteurs depuis. La nouveauté de mon argument, c’est de mettre l’accent sur la délibération inclusive, plutôt que la logique agrégative de la loi des grands nombres, et sur le lien entre inclusivité et diversité cognitive.[Sacré nouveauté !!!Je sais, elle commence fort mais ne vous découragez pas c’est nettement plus digeste par la suite…]. Je fais l’hypothèse que les assemblées délibératives démocratiques maximisent par défaut, parce qu’elles sont inclusives, la diversité des manières de réfléchir et d’aborder un problème, qui s’avère être un ingrédient essentiel de la capacité du groupe à résoudre des problèmes communs. Cet argument est nouveau parce que la plupart des gens pensent que pour avoir une assemblée intelligente, il faut surtout mettre des gens intelligents dedans, ce qui tend à favoriser les groupes d’experts ou de diplômés plutôt que les groupes de gens ordinaires, moins compétents individuellement mais plus divers collectivement. Une implication assez radicale de l’argument, c’est même en effet de préférer les groupes de citoyens tirés au sort aux assemblées élues. L’occasion d’approfondir ce thème sous un angle plus empirique m’a ensuite été donnée en Islande, en 2012, lors des événements qui ont suivi la crise financières de 2008 – 2009.

Quels sont les problèmes rencontrés par le paradigme de la démocratie représentative aujourd’hui ?

HELENE LANDEMORE. Traditionnellement, deux modèles de la démocratie dominent.img2 Il y a l’idée de la démocratie athénienne antique, considérée comme inapplicable avec les sociétés industrialisées et modernes, et celle de la démocratie représentative électorale, du gouvernement représentatif inventé au XVIIIe siècle et qui s’est imposé depuis. Aujourd’hui, il semble qu’on ait atteint les limites de ce deuxième modèle. D’abord, l’élection s’avère un mécanisme de transfert du consentement assez douteux. Et elle ne permet pas une représentation très satisfaisante. En réaction à ces faiblesses de l’élection, on observe aujourd’hui la tentation de court-circuiter le schéma classique de la représentation et de retourner aux théories et pratiques de la démocratie directe. Il me semble que nous en sommes venus au point où l’on a besoin d’un nouveau cadre conceptuel. Le mode du gouvernement représentatif est très élitiste en réalité. On peut le montrer en remontant à son fondement. C’est ce qu’a fait Bernard Manin dans ses Principes du gouvernement représentatif, un ouvrage essentiel à cet égard, publié en 1995 (3). Il montre que le XVIIIe siècle a été le triomphe de l’élection sur le principe de la sélection au hasard par tirage au sort parce que, finalement, cela permettait de maintenir l’aristocratie au pouvoir. Il montre aussi que l’élection est à double face, comme le dieu romain Janus. Elle à une face démocratique d’une part (parce qu’elle demande le consentement des gens) et un visage oligarchique de l’autre (parce qu’elle crée une élite). Ce que l’on ressent actuellement, c’est sa dimension oligarchique. L’idée, c’est de reprendre le chemin qui n’a pas été emprunté au XVIIIe siècle, c’est-à-dire de revenir au tirage au sort par exemple. C’est une sorte de pensée contre factuelle que j’essaie de développer. Certes je ne pense pas qu’on puisse abolir les systèmes existants et les remplacer par des systèmes complètement nouveaux qui seraient basés sur le tirage au sort. Mais il s’agit de s’inspirer de cette alternative imaginée pour modifier le système actuel et le réinventer. L’autre question, c’est qu’on a tendance à penser la démocratie sur le paradigme de l’état-nation alors qu’aujourd’hui il faut penser au-delà, au niveau des groupes d’états, des zones géographiques, et à l’échelle des organisations internationales. Au niveau européen, c’était un peu l’espoir. [ne soyons pas trop naïfs tout de même l’objectif de ceux qui ont imaginé l’Europe et participé à sa création, tout comme ceux qui ont inventé la démocratie représentative au XVIIIe siècle, était surtout de répondre aux injonctions du marché. La carotte démocratique n’étant qu’un moyen d’obtenir l’adhésion des peuples]. Sauf qu’on a fait de la construction économique sans vraie construction politique, qui aurait encadré le processus. Une construction européenne proprement politique, c’est ce que proposent aujourd’hui des gens comme Thomas Piketty ou Yanis Varoufakis. Thomas Piketty en reste cependant à une réponse technocratique. Il propose qu’on prenne un groupe de pays suffisamment similaires, comme la France et l’Allemagne, et que ces pays mettent en commun leurs dettes et développent une politique fiscale commune. Yanis Varoufakis a une approche plus processuelle. Il propose de redonner le pouvoir aux peuples européens et de les impliquer plus directement dans le processus de construction de l’UE. Il faut probablement combiner les deux approches, mais la priorité me paraît être le processuelle : trouver le moyen de donner une vraie voix aux citoyens européens sur la nature de l’Europe politique à construire. [Si tant est qu’il soit obligatoire de créer une UE ? Pourquoi faire ? Est-ce une nécessité ? Qu’est-ce que la France et les citoyens français ont à y gagner ?…]. Les référendums en fin de parcours, c’est un peu trop tard.

En quoi l’expérience islandaise témoigne de ce renouvellement ?

HELENE LANDEMORE. L’expérience islandaise, dans le mesure où elle a essayé d’inclure le plus de personnes img3possibles dans le processus qui a abouti à la proposition de nouvelle Constitution, participe de cet effort pour repenser la démocratie. Par exemple, le forum national, en amont du processus, a rassemblé 950 personnes tirées au sort, pour parler des valeurs de des principes à mettre au cœur de la proposition de Constitution. Il y a eu aussi, pendant le travail des constituants, le recours fait aux propositions publiques via internet, la phase de « crowdsourcing » proprement dite, qui a fait la célébrité du processus. C’est d’elle que sont venues certaines propositions comme l’article sur le droit des enfants ou le droit à Internet qu’on retrouve dans le texte final. Ces choix de « design » institutionnel sont des applications inspirées de la théorie de la « sagesse des foules ». Ils reflètent aussi un effort pour donner voix aux citoyens en amont et tout au long du processus, pas juste à la fin.

Est-ce que la crise politique actuelle ne réactualise pas également la problématique de la lute des classes ?

HELENE LANDEMORE. La question des classes n’a jamais vraiment disparu. Aujourd’hui, ce qui estimg4 intéressant, c’est que l’opposition entre le l % et les 99% domine les débats depuis le mouvement Occupy Wall Street. Mais c’est plus compliqué que cela parce que, quand on parle des 99%, on parle surtout de la classe moyenne occidentale. Or il n’y a pas que les questions de classe interne à l’Occident, il y a aussi les questions du clivage entre le monde occidental et le reste du monde. La classe moyenne occidentale, c’est le 1 % pour le reste du monde… Par ailleurs en Occident, les classes populaires sont exclues du débat, et même, de fait, des mobilisations (il n’y avait pas beaucoup de vrais pauvres dans les rassemblements Occupy). Clinton et Trump, au cours de la campagne électorale, n’ont jamais parlé des pauvres. Il n’y a personne qui parle des pauvres aux États—Unis. C’est une réalité tragique mais, comme ils ne votent pas, cela n’intéresse personne. Il y a encore le problème de l’argent en politique. C’est sans doute plus vrai aux États-Unis. Pour pouvoir accéder au pouvoir aux États-Unis, dans la plupart des cas, il faut avoir beaucoup d’argent. C’est un système qui invite la corruption. Ajoutez a ça la manière partisane dont les circonscriptions électorales sont dessinées et vous avez tous les ingrédients d’un système qui ne répond plus effectivement qu’aux 10 % les plus riches de la population. Cela dit, il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience de ces problèmes. La question des inégalités économiques est redevenue centrale en Occident. La crise de 2008 est passée par là. On peut aussi créditer le livre de Thomas Piketty, le Capital au XXIE siècle, qui a été un pavé dans la mare quand il est sorti aux États Unis en 2013. Même l’idéologie longtemps dominante du libre-échange comme seul salut est remise en cause. On prend enfin au sérieux les questions de distribution des gains du libre-échange. La distribution actuelle est-elle juste ? Surtout, même si le libre-échange est globalement un jeu à somme positive, il y a de vrais grands perdants au niveau individuel, et on ne s’est pas beaucoup occupé d’eux. Cela, de plus en plus de gens admettent que ce n’est pas acceptable. On a les bons diagnostics, je pense, maintenant il faut des solutions. [Certes ! Commençons à nous pencher sur les prochaines élection présidentielles qui donneront certainement des résultats surprenants. Si nous voulons réellement changer, il faut commencer par ré-écrire les règles du jeux : la Constitution. Un candidat propose de réécrire la constitution … en introduisant le tirage au sort – dommage qu’on ne sache pas dans quelles proportions ! ]. Mais il y a aussi l’impact de l’idéologie du libre-échange qui a été dominante, même à gauche, et qui est remis en cause depuis 2008 notamment. L’année 2008 a été le moment où même les libertariens ont été obligés d’admettre que le libre-échange n’était pas tout bénéfice. C’était quelque chose que des gens disaient depuis des décennies. Le libre-échange a montré qu’il y avait des perdants et que ce sont ces perdants qui sont sacrifiés à l’ensemble.

Vous avez avancé l’idée qu’une transformation du modèle de la démocratie passait par une redéfinition de I’ « agenda setting ». Pouvez-vous préciser ce concept?

HÉLÈNE LANDEMORE. C’est une idée centrale. Être capable de définir les termes d’un débat, img5c’est la moitié du pouvoir. Or, nos démocraties sont fondées sur l’illusion que le pouvoir démocratique, c’est juste la décision finale. Mais cela, ce n’est que l’autre moitié du pouvoir. Définir les termes de la décision, de quoi l’on va parler et dans quelles conditions, c’est cela définir l’ « agenda setting ». Dans la démocratie des Grecs de l’Antiquité classique, il y avait une définition des termes de ce qui allait être délibéré et voté à l’assemblée populaire par un groupe de 500 citoyens tirés au sort, citoyens relativement ordinaires, qui était les décideurs de cet agenda. Et par ailleurs, il y avait des formes d’initiative populaire qui permettaient à tout citoyen de mettre une question à l’agenda de l’assemblée populaire. Ce qui se passe au XVIIIe siècle, c’est qu’on passe d’une conception de la démocratie comme exercice du pouvoir pas le citoyen ordinaire à une conception de la démocratie comme consentement au pouvoir des élites. On abandonne l’exercice de l’essentiel du pouvoir à des élites et on ne garde que la possibilité de changer d’élites de temps à autre ou de dire non à une question posée dans le référendum occasionnel. Cela a été une erreur historique. La délibération et la définition des options, en amont des élections ou des référendums, est essentielle. Bien sur, dans la théorie habermasienne par exemple, l’opinion publique informelle est censée avoir cette fonction d’ « agenda setter » pour le système politique formel. Mais aujourd’hui est-ce une lecture réaliste de ce qui se passe ? Selon moi, il est temps de passer à un autre modèle de démocratie, non plus représentative, mais post-représentative ou « ouverte ». Il s’agit d’imaginer de nouvelles avenues pour la participation des citoyens de façon à leur donner une influence réelle et parfois directe sur le contenu du débat. Cette idée de démocratie ouverte, c’est casser ce cycle où le peuple n’a son mot à dire que tous les quatre ou cinq ans au moment des élections ; en fait, là encore l’exemple islandais le montre de manière patente, les gens ont plein d’idées. On le voit aussi dans la créativité de choses comme Wikipédia par exemple aujourd’hui, qui était impensable il y a dix ans. C’est une des réussites de l’intelligence collective la plus spectaculaire. Mais il existe ou peut exister une foule de moyens et d’instruments susceptibles de capter l’intelligence collective. La démocratie devrait être un de ces instruments.

ENTRETIEN RÈALISÊ PAR JÊRÔME SKALSKI

(l) Democraric Reason: Politics, Collective intelligence, and the Rule of the Many, Princeton University Press, 2013.

(2) La Sagesse des foules, de Jomes Surowiecki. Éditions Jean—Claude Lattès, 2008.

(3) Principes du gouvernement représentatif, de Bernard Manin. 1995, rééd. Flammarion, coll. « Champs » , 1996.. Éditions Jean—Claude Lattès, 2008.